Soutien à Dominique FEUVRAIS devant le Tribunal d’Angers

Publié le par CGT DU MAINE ET LOIRE

Soutien à Dominique FEUVRAIS devant le Tribunal d’Angers Le 6 juin 2012

 

Intervention de l’Union Départementale CGT de Maine et Loire

 

Pascal BOUVIER

 

  

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades et très chère Dominique,

 

Didier ROUGER vient de brosser la situation que vit Dominique FEUVRAIS depuis la grève de 17 salariés de Vendredi Média qui dura 140 jours soit 5 mois de conflit. Celle-ci allant de septembre 2010 à février 2011. Comment ne pas s’indigner devant cet état de fait de salariés vivant largement sous le seuil de pauvreté avec 3,50 euros de l’heure et demandant l’application rétroactive de la convention collective depuis le 1er juillet 2005. Dans ces circonstances, les 17 salariés ont été extrêmement dignes dans leur combat et le conflit qu’ils ont mené pour faire valoir uniquement leurs droits.

 

Pour suivre et soutenir ce conflit, la CGT a distribué divers tracts, ce qui est une de nos activités syndicales pour informer la population et les pouvoirs publics sur la situation de ces salariés, situation déjà extrêmement précaire notamment avec ce type de travail. La patronne de Vendredi Média reproche des propos injurieux et insultants dans nos écrits. Les différents tracts n’ont fait que relater la situation et le refus de l’entreprise de faire respecter le droit du travail. Nous sommes dans un cas de figure d’une chef d’entreprise qui, d’un côté, se sent victime de notre activité syndicale et, de l’autre, traite ses salariés comme des « moins que rien » en balayant d’un revers de main la législation en vigueur.

 

Ce qui nous rassure, c’est que la mauvaise foi de cette personne a été reconnue au grand jour. Le Conseil des Prud’hommes d’Angers, par délibération du 30 janvier 2012, a rétabli les droits des 17 salariés grévistes prouvant ainsi que lorsque la CGT porte les revendications des salariés, elle le fait en son âme et conscience en respectant et en disant la vérité sur un tel sujet. Le jugement va même jusqu’à considérer que le refus de l’employeur de faire respecter le droit du travail est une sanction envers les salariés pour leur participation à la grève. S’ajoutent à cela des dommages et intérêts pour tous les salariés.

 

De tels comportements nous font mieux comprendre un tel agissement envers notre camarade. Nous n’avions pas besoin de cette décision du Conseil des Prud’hommes pour le savoir. Sans le courage de ces 17 salariés accompagnés par la CGT, un tel jugement n’aurait pas été possible.

Nous avons aussi interpellé les politiques, Didier en faisait référence, sur le respect de toutes les libertés d’expression quelles qu’elles soient dans un pays des droits de l’homme où chaque individu peut s’exprimer selon son vécu, sa sensibilité, ses convictions. Au contraire, dans cette affaire, on veut criminaliser l’action syndicale alors que le syndicat est le seul moyen pour des salariés de s’exprimer. Prenons conscience du danger d’une telle affaire qui a uniquement pour objectif de faire taire le monde du travail et les organisations syndicales, notamment la CGT. Un jugement négatif ouvrirait la porte au patronat pour d’autres attaques de ce genre sur d’autres lieux de travail, pour affaiblir le syndicalisme. Votre présence aujourd’hui doit aider à peser sur la justice. Nous ne pouvons pas imaginer, je ne peux pas envisager, que Dominique soit condamnée. La relaxe est la seule sortie possible dans ce dossier.

 

Comment en serait-il autrement avec le nouveau gouvernement qui veut réinstaurer le dialogue social en donnant plus de place aux organisations syndicales. Cette relance doit se traduire par de nouvelles dispositions relatives à la démocratie sociale.

 

Le combat syndical est une bataille de tous les jours, c’est ce que vivent actuellement les 350 salariés de Thomson. Pour eux, leur employeur s’est exonéré de ses responsabilités sociales par un redressement judiciaire voulu et finalement financé par les collectivités. Alors qu’il y a bien un lien de subordination entre la maison mère et le site de production d’Angers. La recherche de nouvelles technologies avec la mise en place du très haut débit mobile renforce le besoin urgent de relancer l’emploi industriel en France.

 

Les 214 salariés de Sotira 49 à Pouancé qui vont perdre leurs emplois d’ici le 31 décembre prochain : là aussi, la recherche du profit a été exigée par les actionnaires du groupe au détriment de l’emploi.

 

Comment ne pas parler des salariés d’Hyper U Murs-Erigné qui subissent le non droit avec des méthodes de management d’un autre temps, surtout depuis que la CGT y est implantée. Tous les acteurs syndicaux de la CGT et les organismes travaillant étroitement avec les organisations syndicales sont sur le pont pour que s’arrêtent définitivement ces agissements : des agissements qui ont aujourd’hui, pour conséquences de dégrader l’état de santé des salariés et les conduisent à des arrêts de travail.

 

Aussi, la présence de la CGT dans les entreprises au moment des négociations des protocoles d’accords électoraux, met en lumière l’hostilité des employeurs de voir une organisation syndicale comme la notre, sur leurs sites. Nous le constatons sur l’ensemble du département, mais plus particulièrement dans le Saumurois. Rendez vous compte, rien que le fait d’être présents pour négocier ce genre d’accord, leur donne déjà de l’urticaire. Imaginez, au moment de déposer les listes électorales !

 

Dans ce contexte, soyez en surs, cela n’empêchera jamais la CGT de créer des syndicats là ou les salariés nous le demanderons. C’est un droit constitutionnel indiscutable.

 

Ce qu’ont vécu les salariés de Vendredi Média, d’autres salariés le vivent avec plus ou moins de gravité. Tout dépend où l’on met le centre de gravité. La CGT depuis toujours est de tous les combats pour la défense et la dignité des salariés.

 

Les seuls crimes qui puissent être condamnés dans le monde du travail, c’est le non respect des droits fondamentaux que sont l’application du code du travail et des conventions collectives, mais aussi l’acharnement dont font preuve certains patrons par la non reconnaissance des organisations syndicales sur les lieux de travail. Ce n’est surtout pas le fait que la CGT ait pu écrire des tracts ne plaisant pas à la patronne de Vendredi Média, raison pour laquelle Dominique se trouve convoquée aujourd’hui. Il ne faut pas se tromper de combat, dire la vérité sur une telle situation ne doit être considérée comme un acte de vandalisme.

 

La relaxe de Dominique ne doit souffrir d’aucune contestation.

 

Mise à jour jeudi 7 juin 2012.

Publié dans SOLIDARITE